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Ce blog n'est pas un livre construit mais un ensemble de touches d'émotions ou de réflexions nées de quelques années de parcours professionnel et amical dans trois pays du Sud essentiellement : Haïti, Congo RDC et le Sénégal. Vos commentaires sont bienvenus autour de ces textes sans prétention. Juste un partage pour aussi faire découvrir de belles histoires au Sud et des moins drôles. Et n'oubliez pas de cliquer sur "plus d'infos" pour voir la suite de chaque billet !

mardi 19 juillet 2011

CES ABEILLES QUI MEURENT : UN VRAI SIGNE D'INQUIETUDE


 sans perdre son objectif.

Hormis la photo ci-dessous, toutes les illustrations viennent du site http://www.stocklib.fr où on trouve des photos libres de droit et sans filigrane.

Les abeilles cherchent l'eau sur un tuyau d'arrosage

Vous vous demanderez pourquoi je m’intéresse aux abeilles. Je ne suis pas spécialiste et suis incapable de dire si, sur la photo ci-dessus, prise par mon Canon  à Pointe Sarène, ce sont des guêpes ou des abeilles. M’en fous. J’aime cette photo.

Peut-être que je m’intéresse aux abeilles pour ne pas aborder les problèmes de fond de ce monde qui marche sur la tête. La dette, l’euro, tout cela va nous péter à la figure. Dans les pays que j’aime, entre autres Sénégal et Haïti, cela ne va pas bien. Au Sénégal,  les mécontentements populaires grandissent. En Haïti, le Parlement s’obstine à ne pas accepter les Premiers Ministres choisis par le Président nouvellement élu et qui ne manque pas d’énergie et de bonnes intentions. Et puis la solidarité internationale doit être revisitée : elle pêche trop par compromission avec les systèmes et ne remet pas en cause son substrat idéologique, qui est de faire de la souffrance un fond de commerce, de penser à la place des organisations de base des pays du Sud qui ont pourtant de l’épaisseur, inscrites dans leur histoire et dans des luttes anciennes. Bref, je mets la tête dans le sable, comme l’autruche… qui a un peu disparu du Niger. Mais ne vous inquiétez pas : ce qui apparaît sur ce blog n’est que la partie visible de l’iceberg…  Tout vient à point qui sait attendre…
Revenons aux abeilles. Ce n’est pas seulement par fuite que j’aborde ce chapitre. Je trouve un caractère symbolique à l’histoire qui peut se résumer à ceci : la conjonction des pesticides inventés par l’homme alliés à des bactéries naturelles tue une espèce animale qui, par son action de pollinisation, permet à la vie naturelle d’exister et aux plantes de se reproduire. Ces plantes qui nous nourrissent. Plus d’abeilles, plus de plantes, plus de nourriture… Ce n’est pas de la synergie cela ?

Deux phénomènes sont certains :
1.    Il y a disparition des abeilles, en masse et cela sur plusieurs continents ;
2.    L’Afrique (ouf !, pour une fois !) n’est pas touchée.



Disparition des abeilles en masse

Le phénomène de la disparition des abeilles ne fait aucun doute. Des sites scientifiques comme d’autres des agences gouvernementales ou internationales signalent la disparition des abeilles. Je citerai futura-sciences, Terre sacrée, Agoravox… L’évènement a donné aussi lieu à un article du très officiel site www.science.gouv.fr. Le dossier le plus complet vient de paraître sur le site du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) en mars 2011. Dans un article du 9 juillet 2011, Le Monde cite une nouvelle étude de la revue scientifique PLoS One qui pourrait bien apporter l’explication du phénomène.
Nous détaillons dans les paragraphes ci-dessous les caractéristiques de ce phénomène.



Où enregistre-t-on la disparition des abeilles ?

Principalement aux Etats-Unis et en Europe : 25 % des colonies sont décimées en Allemagne, idem en Suisse, au Portugal, en Grèce et dans de nombreux autres pays d’Europe. A Taïwan également 25 % des colonies sont décimées. Le taux de mortalité apicole atteint des records, de la fin de l’année 2006 à la fin de l’hiver 2007 : perte de 60 % des colonies aux USA et jusqu’à 90 % dans certains Etats de l’Est et du Sud ; 40 % des ruches se sont vidées au Québec. Le nombre de colonies d’abeilles a chuté de 85% dans les pays du Moyen Orient.

L’Afrique, l’Australie, l’Amérique du Sud ne sont pas touchées. Mais avec les flux d’humains et de marchandises du fait de la mondialisation, il ne faut pas crier victoire trop vite.

Comment se manifeste la disparition ?

« Du jour au lendemain la ruche se vide et l’on ne retrouve que peu ou pas de cadavre. Ce syndrome d’effondrement des colonies, appelé en anglais Colony Collapse Disorder (CCD) est décrit depuis les années 1970. Il est caractérisé par une absence d’ouvrières, seules restent la reine qui continue de pondre et quelques jeunes abeilles. Les rares adultes encore présents sont infestés par différents virus pathogènes et des champignons[1] ».

Quelles sont les causes identifiées ?

L’étude du PNUE indique : « Plus d'une douzaine de facteurs (allant de la diminution globale du nombre de plantes à fleurs et de l'utilisation d'insecticides nocifs pour la mémoire des abeilles à la propagation des ravageurs et de la pollution atmosphérique dans le monde entier) pourraient se cacher derrière le déclin des colonies d'abeilles observé dans de nombreuses régions du globe ».  
Le PNUE précise :
1.    De nouveaux types de champignons pathogènes virulents, qui peuvent être mortel pour les abeilles et les autres principaux insectes pollinisateurs, ont été détectés dans le monde entier ;
2.    Quelques 20.000 espèces de plantes à fleurs, dont de nombreuses espèces d'abeilles dépendent pour se nourrir, pourraient disparaître au cours des décennies à venir si les efforts de conservation ne sont pas renforcés très rapidement ;
3.    L'utilisation excessive de produits chimiques dans l'agriculture, par exemple les insecticides systémiques, est préjudiciable et toxique pour les abeilles ;
4.    Le changement climatique, si l'on ne fait rien pour le contrer, pourrait encore aggraver davantage la situation, et ce de différentes manières: en modifiant les périodes de floraison des plantes, ou encore en déplaçant les saisons des pluies etc. Cela pourrait également affecter la qualité et la quantité de production du nectar par les plantes, provoquant un cercle vicieux ;
L’article du Monde cité dans les sources, qui rend compte d’une étude scientifique est encore plus inquiétant.

En quoi est-ce grave ?

La réponse nous est apportée par Monsieur Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE : « La manière dont l'humanité gère ses actifs naturels, notamment ceux qui touchent aux populations de pollinisateurs, définira en partie notre avenir collectif au cours du 21e siècle. Le fait est que sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90 pour cent de la production alimentaire dans le monde, plus de 70 sont pollinisées par les abeilles. Au 21e siècle, les êtres humains ont fabriqué l'illusion qu'ils pouvaient être indépendants de la nature grâce aux prouesses de la technologie. Le cas des abeilles nous rappelle à la réalité: avec près de sept milliards de personnes sur terre nous sommes au contraire beaucoup plus dépendant des services que nous offre la nature».

Ce que j’en pense, comme simple terrien

1. J’ai peur.
J’ai lu encore que les abeilles et autres pollinisateurs sont en quelque sorte l’indicateur précoce de la santé du monde animal et végétal. Je dois dire que j’ai peur pour les générations futures. La déclaration d’Achim Steiner est très, très inquiétante.
2.    2. Il existe des pesticides très dangereux, pour les abeilles comme pour les humains.
Ils s’appellent Gaucho®, Régent® et ont été interdits en Europe. Mais ne les retrouve-t-on pas  dans les pays du Sud, véritable dépotoir des produits dangereux écartés du Nord ? Et le problème n’est pas résolu pour autant car de nouveaux produits similaires prennent le relais, aussi dangereux pour les abeilles. Ils sont distribués par Bayer sous plusieurs appellations : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage entre autres. le Cruiser, à base de thiametoxam, est également dénoncé par les apiculteurs.
3.   3. Nos sociétés occidentales productivistes sont vraiment, vraiment dangereuses.
Souvenons nous de la crise de la vache folle, de l’invasion des algues vertes, de H1N1 (OK cela venait d’Asie, mais de quelle Asie ?), plus récemment de la bactérie E.Coli (Qui viendrait d’Egypte ? Merci la mondialisation ! Mais on ne croît pas trop à leurs histoires car ils ont accusé l’Espagne, puis la Basse Saxe puis quoi encore … ?). Je ne ferai pas longue diversion sur la crise du sang contaminé ou sur les effets du Mediator qui relève plutôt du domaine de la santé.  Une chose est certaine : le vivant est malmené dans nos sociétés du Nord. Gravement, et cela n’est pas de bon augure pour l’avenir de la planète.
 4. On nous fait croire qu’il existe des normes et des agences de contrôle. Mais il ne fait nul doute qu’il y a collusion entre les entreprises qui recherchent le profit, quelle que soit la conséquence sur la planète et ceux qui travaillent dans les agences de contrôle.
 5.  Il est heureux que l’Afrique et l’Amérique Latine ne soient pas atteintes. Cela peut faire des débouchés pour le miel et tous les autres produits dérivés.
5.  
6.    A part des études sur le phénomène, nous ne voyons pas des actions vraiment concrètes dans les pays du Nord pour sauver les abeilles ; et les partis politiques, ceux qui feront les politiques dans les années qui viennent, ne se préoccupent pas vraiment de ces phénomènes. Comme les élus des régimes précédents, ils ne bougeront que lorsque les catastrophes seront arrivées.

Mes sources :



[1] / www.science.gouv.fr

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